Un nouveau secrétariat d'État à l'Emploi des jeunes créé lors d'un remaniement ministériel partiel
Le gouvernement a annoncé la création d'un secrétariat d'État dédié à l'insertion professionnelle des jeunes, dans un contexte de pression sociale croissante sur la question du chômage.
Le communiqué est tombé en fin de matinée, lu sur les ondes de la radio nationale : un remaniement ministériel partiel, le premier depuis plusieurs mois, redessine légèrement l'organigramme du gouvernement. La principale nouveauté est la création d'un secrétariat d'État à l'Emploi des jeunes, rattaché au ministère de la Fonction publique et du Travail, confié à Néhémie Djimet Koulbou, ancien directeur d'une agence de formation professionnelle.
Le reste de l'équipe gouvernementale demeure globalement inchangé, à l'exception d'un jeu de chaises musicales limité entre deux portefeuilles économiques. Mais c'est bien la création de ce nouveau secrétariat d'État qui retient l'attention des commentateurs, tant la question de l'emploi des jeunes s'est imposée ces derniers mois comme un sujet de préoccupation sociale de premier plan, alimentée par plusieurs mouvements de diplômés sans emploi devant les ministères de la capitale.
Une réponse à la pression de la rue ?
Depuis le printemps, des collectifs de jeunes diplômés, notamment issus des filières de gestion et d'agronomie, organisent des rassemblements réguliers pour réclamer un plan national d'insertion et la publication d'un calendrier clair de recrutements dans la fonction publique. Plusieurs analystes voient dans la création de ce secrétariat d'État une tentative de canaliser institutionnellement cette contestation, plutôt qu'une refonte structurelle de la politique de l'emploi.
« Un secrétariat d'État sans budget dédié ni feuille de route chiffrée risque de rester un symbole, pas un outil », prévient l'économiste Ache Youssouf Tom.
Interrogé sur les moyens qui seront alloués à sa nouvelle administration, Néhémie Djimet Koulbou est resté prudent, évoquant un « audit rapide de l'existant » avant toute annonce chiffrée. Il a toutefois indiqué vouloir donner la priorité à trois chantiers : la cartographie des besoins de recrutement par secteur, la relance des dispositifs de stages rémunérés dans les entreprises publiques, et la mise en place d'un guichet unique d'orientation professionnelle, dont l'ouverture est annoncée « avant la fin de l'année » à N'Djamena, avec une extension promise ensuite à Moundou et Sarh.
Prudence du côté patronal
Du côté des organisations patronales, l'accueil est prudent. La Chambre de commerce, d'industrie et d'artisanat a salué « une prise de conscience bienvenue », tout en rappelant que la création d'emplois durables dépend avant tout d'un climat des affaires plus favorable, en particulier sur l'accès au crédit pour les petites entreprises, susceptibles selon elle d'absorber une large part des jeunes actifs si elles étaient mieux financées.
- Cartographie sectorielle des besoins de recrutement, promise avant la fin de l'année
- Relance de dispositifs de stages rémunérés dans les entreprises publiques
- Ouverture d'un guichet unique d'orientation professionnelle à N'Djamena
- Extension annoncée du dispositif à Moundou et Sarh
L'opposition parlementaire, elle, a dénoncé un remaniement « cosmétique », estimant qu'un secrétariat d'État sans rang ministériel plein ne pèsera guère dans les arbitrages budgétaires face aux ministères historiques. Plusieurs députés ont demandé que la question de l'emploi des jeunes fasse l'objet d'une session parlementaire dédiée, assortie d'un débat sur le budget qui lui sera réellement consacré dans la prochaine loi de finances.
Les collectifs de diplômés à l'origine des mobilisations du printemps se disent partagés. Certains saluent une première réponse institutionnelle après des mois de silence officiel, tandis que d'autres redoutent que la nouvelle administration ne serve surtout à gagner du temps, en l'absence d'engagement chiffré sur le nombre d'emplois effectivement créés. Une délégation de ces collectifs a d'ores et déjà sollicité une audience auprès du nouveau secrétaire d'État, afin de discuter d'un calendrier précis de mise en œuvre des mesures annoncées.
Reste à voir si ce nouveau portefeuille parviendra à s'imposer dans un paysage gouvernemental où les arbitrages budgétaires restent contraints. Pour l'heure, la nomination a surtout eu le mérite, de l'aveu même de plusieurs collectifs de jeunes diplômés, d'ouvrir un interlocuteur identifié là où ils n'en avaient, disent-ils, aucun clairement désigné jusque-là.