LA NATION

Un nouvel accord commercial simplifie le transit des marchandises entre le Tchad et le Cameroun

Les gouvernements des deux pays ont signé un protocole visant à réduire les délais de dédouanement sur le corridor routier reliant N'Djamena au port de Douala.

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Publié le 26 août 2026 · 3 min de lecture
Des camions de marchandises en attente de dédouanement à un poste frontière entre le Tchad et le Cameroun.

Le corridor routier qui relie N'Djamena au port de Douala, artère vitale pour l'essentiel des importations et exportations du pays, va connaître dans les prochains mois une simplification attendue depuis longtemps par les opérateurs économiques. Les gouvernements tchadien et camerounais ont signé, lundi, un protocole d'accord visant à réduire les délais de dédouanement et à harmoniser certaines procédures douanières sur ce trajet long de plus de mille kilomètres.

Des camions de marchandises en attente de dédouanement à un poste frontière entre le Tchad et le Cameroun.

Selon les chiffres de la Chambre de commerce, d'industrie et d'artisanat, un camion de marchandises met en moyenne entre huit et douze jours pour parcourir l'ensemble du trajet entre le port de Douala et N'Djamena, une durée dont une part significative est imputable aux formalités douanières et aux contrôles multiples effectués à chaque poste frontière et à chaque étape administrative du parcours.

Un guichet unique électronique en préparation

Le protocole signé prévoit la mise en place progressive d'un système de déclaration douanière électronique partagé entre les administrations des deux pays, permettant en théorie à un transporteur de ne déposer ses documents qu'une seule fois pour l'ensemble du trajet, plutôt qu'à chaque poste de contrôle. Un projet pilote sur ce dispositif doit être lancé dans les prochains mois sur un tronçon test, avant une éventuelle généralisation.

« Chaque jour de retard sur ce corridor se répercute directement sur le prix des produits de première nécessité à N'Djamena », rappelle un responsable de la Chambre de commerce.

Le ministre du Commerce et de l'Industrie, Djérabé Nadjilar Kemoum, a salué un accord qui doit selon lui « redonner de la compétitivité aux importateurs et exportateurs tchadiens », dans un pays dont l'enclavement géographique pèse structurellement sur les coûts logistiques. Il a toutefois reconnu que la mise en œuvre effective du dispositif prendra du temps, notamment le temps de former les agents des douanes des deux pays à ce nouvel outil numérique partagé.

Des attentes fortes du côté des transporteurs

Du côté des professionnels du transport routier, l'accord est accueilli avec un optimisme prudent. Le syndicat national des transporteurs routiers, dont plusieurs représentants étaient présents à la cérémonie de signature, rappelle que des annonces similaires avaient déjà été faites par le passé sans toujours déboucher sur des changements concrets et durables sur le terrain.

« Nous jugerons sur pièces, une fois que les camions rouleront réellement plus vite sur le terrain », résume le secrétaire général du syndicat, qui réclame par ailleurs une meilleure coordination des horaires d'ouverture des postes frontières, souvent source de blocages nocturnes coûteux pour les transporteurs contraints d'immobiliser leurs véhicules faute de personnel douanier disponible.

Les petites et moyennes entreprises importatrices, souvent les plus pénalisées par les délais actuels faute de trésorerie suffisante pour immobiliser des marchandises plusieurs jours supplémentaires, se disent particulièrement attentives à la mise en œuvre du protocole. Une association de commerçants de N'Djamena a demandé à être associée aux travaux du projet pilote, afin que les procédures simplifiées prennent en compte les contraintes spécifiques des petits importateurs, souvent moins bien équipés que les grandes entreprises pour s'adapter rapidement à un nouveau système déclaratif électronique.

Les deux gouvernements ont convenu de se retrouver dans six mois pour dresser un premier bilan de la mise en œuvre du protocole, avant d'envisager son extension à d'autres corridors régionaux, notamment vers la République centrafricaine, où des discussions similaires seraient, selon plusieurs sources diplomatiques, déjà à l'étude de façon préliminaire.

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