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Le Tour du Tchad relance sa course cycliste après plusieurs années d'absence

Suspendue faute de financement, la principale course cycliste par étapes du pays fait son retour cette année avec un parcours reliant plusieurs provinces du sud.

HM
Publié le 26 août 2026 · 3 min de lecture
Des coureurs s'apprêtent à prendre le départ d'une étape du Tour cycliste du Tchad, à Koumra, en août 2026.

Ils sont une trentaine, alignés au petit matin sur la place principale de Koumra, casques ajustés et vélos parfois rafistolés à la chambre à air, à attendre le coup d'envoi d'une course que beaucoup pensaient ne plus jamais revoir. Après cinq années d'interruption faute de financement suffisant, le Tour cycliste du Tchad fait son retour cette semaine, avec un parcours de six étapes reliant plusieurs localités du sud du pays.

Des coureurs s'apprêtent à prendre le départ d'une étape du Tour cycliste du Tchad, à Koumra, en août 2026.

Créée il y a une vingtaine d'années à l'initiative d'une fédération alors en plein essor, la course avait progressivement perdu de son lustre avant d'être purement annulée à partir d'une édition marquée par des difficultés budgétaires importantes. Le manque de sponsors privés, conjugué à la vétusté du parc de vélos disponibles pour les coureurs les plus modestes, avait fini par avoir raison de l'épreuve.

À son apogée, la course attirait des équipes venues de plusieurs pays voisins et bénéficiait d'une couverture médiatique nationale conséquente, avec des étapes retransmises en léger différé à la radio publique. Cette période faste contraste fortement avec les dernières éditions organisées avant l'interruption, disputées devant un public clairsemé et sans réelle visibilité médiatique.

Une relance portée par de nouveaux partenaires

Son retour cette année doit beaucoup à l'implication d'une entreprise locale de transport, devenue sponsor principal de l'épreuve, ainsi qu'à une subvention exceptionnelle du ministère des Sports. « On a longtemps cru que cette course appartenait au passé. La faire revivre, même modestement, c'est redonner un espoir concret à toute une génération de cyclistes qui n'avait plus d'objectif national à viser », explique Madjiyaka Yombaye, membre du comité d'organisation.

« Sans compétition, un cycliste n'a aucune raison de s'entraîner sérieusement. Cette course, c'est ce qui va nous permettre de repérer les talents et de les inscrire, un jour peut-être, sur des courses régionales plus relevées », espère Madjiyaka Yombaye.

Le parcours de cette édition relie plusieurs villes du sud du pays — Koumra, Moundou, Doba et Sarh — sur près de quatre cents kilomètres au total, empruntant un mélange de routes bitumées et de pistes en latérite qui donnent à l'épreuve un caractère particulièrement exigeant. Plusieurs étapes traversent des zones rurales où le passage de la course constitue un événement en soi, rassemblant des villages entiers au bord de la route.

Les organisateurs ont dû composer avec des contraintes logistiques importantes pour sécuriser un tel itinéraire, notamment la coordination avec les autorités locales de chaque province traversée pour assurer la circulation sur les axes empruntés par la course, souvent partagés avec le trafic routier habituel, camions de marchandises compris.

Des coureurs sans grand soutien matériel

Malgré cette relance, les conditions de course restent précaires pour la majorité des participants. Peu d'entre eux disposent d'un vélo de compétition digne de ce nom, la plupart roulant sur des bicyclettes de ville légèrement modifiées. L'équipement de sécurité, notamment les casques, reste également insuffisant pour couvrir l'ensemble du peloton, un point que les organisateurs disent vouloir améliorer dès l'année prochaine si les financements le permettent.

Quelques jeunes coureurs prometteurs, repérés lors des étapes de qualification organisées en amont dans leurs provinces respectives, participent pour la première fois à une compétition de ce niveau. Les organisateurs espèrent que leur présence, aux côtés de vétérans comme Abdramane Kosso, contribuera à assurer une transition générationnelle dont le cyclisme national a cruellement besoin depuis l'arrêt de la course.

Pour Abdramane Kosso, trente et un ans, vétéran des précédentes éditions avant l'interruption de la course, ce retour a une saveur particulière. « J'ai failli arrêter le vélo de compétition ces dernières années, faute de courses où me mesurer. Aujourd'hui, à mon âge, je sais que ce sera sans doute ma dernière grande course, et je compte bien la finir sur le podium », confie-t-il avant de s'élancer, sous les applaudissements de la foule rassemblée sur la place de Koumra.

HM
Hélène Mercier
Directrice de la rédaction

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