LA NATION

Une centrale solaire de taille moyenne mise en service en périphérie de N'Djamena

L'installation, raccordée au réseau électrique de la capitale, doit renforcer l'approvisionnement de plusieurs quartiers régulièrement touchés par des coupures.

HM
Publié le 26 août 2026 · 3 min de lecture
Des rangées de panneaux photovoltaïques de la nouvelle centrale solaire de N'Djamena, en juin 2026.

Rangée sur plusieurs hectares en bordure de la route de Farcha, une nouvelle centrale solaire d'une capacité d'une dizaine de mégawatts a commencé à injecter de l'électricité dans le réseau de distribution de N'Djamena. L'installation, composée de plusieurs milliers de panneaux photovoltaïques montés sur structures fixes, doit permettre de réduire la fréquence des coupures dans plusieurs quartiers de la capitale, particulièrement sensibles en période de forte chaleur, lorsque la demande en climatisation explose.

Des rangées de panneaux photovoltaïques de la nouvelle centrale solaire de N'Djamena, en juin 2026.

Le projet, porté par un consortium associant un opérateur national de l'énergie et un investisseur privé, s'inscrit dans une stratégie plus large de diversification du mix électrique de la capitale, jusqu'ici très majoritairement dépendant de groupes thermiques fonctionnant au fioul, coûteux à faire fonctionner et sensibles aux variations du prix des hydrocarbures importés.

Un appoint, pas une solution unique

Les responsables du projet sont cependant prudents sur la portée réelle de cette nouvelle centrale : le solaire photovoltaïque, par nature intermittent, ne peut à lui seul garantir un approvisionnement continu, en particulier durant la nuit ou lors des tempêtes de sable qui réduisent fortement le rendement des panneaux. La centrale fonctionnera donc en complément des capacités thermiques existantes, plutôt qu'en remplacement, au moins dans un premier temps.

« Ce n'est pas la centrale qui va résoudre à elle seule les coupures de N'Djamena, mais c'est la première brique d'un mix plus diversifié, et donc moins vulnérable », explique un ingénieur de l'opérateur national impliqué dans le projet.

Sur le terrain, l'annonce a été accueillie avec un optimisme mesuré par les habitants des quartiers voisins, habitués depuis des années à des coupures fréquentes, parfois plusieurs heures par jour en saison chaude. Plusieurs commerçants du quartier de Farcha, qui dépendent de groupes électrogènes d'appoint pour maintenir leurs installations de réfrigération, espèrent une amélioration tangible, tout en restant prudents après plusieurs annonces similaires par le passé.

Un potentiel solaire encore largement sous-exploité

Les spécialistes du secteur rappellent régulièrement que le pays bénéficie d'un ensoleillement parmi les plus élevés de la sous-région, avec un fort potentiel de développement de projets solaires, aussi bien à grande échelle que sous forme de kits domestiques dans les zones rurales non raccordées au réseau. Ce potentiel reste toutefois freiné par le coût encore élevé des équipements d'importation, la faiblesse du réseau de distribution en dehors des grandes villes, et le manque de techniciens formés à la maintenance de ce type d'installation.

Le consortium à l'origine du projet évoque déjà, sous réserve de financement, une deuxième phase d'extension qui pourrait doubler la capacité de la centrale d'ici quelques années. Une perspective accueillie favorablement par les autorités municipales, qui y voient un moyen de limiter la facture énergétique de la ville tout en réduisant sa dépendance aux importations de carburant, sans toutefois s'avancer sur un calendrier précis de mise en œuvre.

Des emplois techniques encore rares

La construction du site a mobilisé, à son pic d'activité, une soixantaine d'ouvriers, majoritairement recrutés localement pour les travaux de terrassement et de montage des structures, encadrés par une poignée de techniciens spécialisés en installations photovoltaïques, dont la plupart ont dû être formés spécifiquement pour ce chantier faute de main-d'œuvre déjà qualifiée disponible sur place. L'opérateur national indique vouloir conserver une partie de cette équipe pour assurer la maintenance courante de la centrale, un enjeu jugé crucial pour éviter que l'installation ne se dégrade prématurément faute d'entretien régulier.

Cette pénurie de compétences techniques locales, reconnue par plusieurs acteurs du secteur, alimente un débat plus large sur la nécessité de développer des filières de formation dédiées aux métiers de l'énergie solaire, alors que plusieurs autres projets similaires sont annoncés dans d'autres villes du pays. Un institut technique de N'Djamena a d'ailleurs annoncé l'ouverture prochaine d'un module de formation spécialisé, en partenariat avec l'opérateur national, pour répondre à cette demande croissante de techniciens qualifiés.

HM
Hélène Mercier
Directrice de la rédaction

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